Qu’est-ce qu’une coopération décentralisée ?
La coopération décentralisée regroupe l’ensemble des actions de coopération internationale menées par convention dans un but d’intérêt commun par une ou plusieurs collectivités territoriales françaises d’une part, et une ou plusieurs autorités territoriales étrangères, d’autre part, dans le cadre de leurs compétences mutuelles.
Les projets de coopération reposent à la fois sur une coopération institutionnelle entre les organes exécutifs des collectivités et sur l’implication d’acteurs locaux provenant des milieux associatif, culturel, éducatif ou économique.
La coopération décentralisée n’est ni une action humanitaire, ni un simple jumelage. Elle est le fruit d’un travail partenarial et répond au principe de réciprocité (sans pour autant être vue sous l’angle d’ « un prêté pour un rendu ») bâtie sur l’ouverture, le lien social, l’échange et le transfert de savoir-faire entre le Nord et le Sud.
Pourquoi une coopération décentralisée entre le Cœur d’Ostrevent et la Commune Rurale de Sadiola au Mali ?
Tout a commencé en 2001 : une délégation d’élus de Sadiola accompagnés de l’Association des Ressortissants de la Commune de Sadiola en France (ARCSF) et de techniciens du Groupe de Recherches et de Réalisations sur le Développement Rural (GRDR) parcours plus de 4000 km pour se rendre dans le Nord-Pas de Calais. Leur objectif ? échanger avec le Conseil Régional sur les enjeux liés aux pratiques de développement local dans leur commune, en mettant l’accent sur la problématique sanitaire. En effet, en 1996 a débuté l’exploitation industrielle du minerai aurifère laquelle a provoqué et provoque de forts impacts socio-économiques et environnementaux.
C’est à cette occasion que le Cœur d’Ostrevent, la CCED à l’époque, est rencontré.
Pourquoi notre collectivité ? Du fait du parallèle entre les histoires des deux collectivités : au nord, la mine de charbon dont l’exploitation s’est achevée depuis plus de deux décennies et au sud, la mine d’or dont la fermeture est programmée pour dans quelles années. Et surtout parce que le Cœur d’Ostrevent a une forte expérience dans la gestion de l’après-mine et notamment dans la réhabilitation de site.
En 2003, puis en 2005, une nouvelle rencontre a lieu. Et en décembre 2006, c’est une délégation d’élus et de techniciens du Cœur d’Ostrevent qui est envoyée à Sadiola pour y rencontrer élus et acteurs de la mine.
Au printemps 2007, un diagnostic territorial est réalisé par trois étudiants de l’ENVAR (Université de Lille), Arthur Devriendt, Romain Dubois et Julien Golse. Ils partent en mission au Mali du 20 juin au 24 juillet 2007.
Mais c’est avec la signature d’une convention le 18 septembre 2008 liant les deux collectivités que la coopération devient réellement concrète.
La Commune Rurale de Sadiola au Mali
Localisation de Sadiola
La Commune Rurale de Sadiola est située au sud du Cercle de Kayes, dans la Région du même nom.
Elle est constituée de 46 villages répartis sur 5013 km². Elle compte 34 000 habitants dont 5000 vivent dans son chef-lieu, le village de Sadiola. 65% de la population a moins de 25 ans.
Les Malinkés et les Bamanans constituent les ethnies les plus représentées (72% et 21 % de la population). Elles cohabitent avec les Soninkés et les Peuhls (seule ethnie nomade de Sadiola). Le Malinké et le Bamanankan sont les langues les plus parlées.
La Commune de Sadiola est située, à vol d'oiseau, à 450 km de Bamako, la capitale du Mali et à 4000 km de Lewarde.
Son territoire est 35 fois plus grand que celui du Cœur d'Ostrevent et presque aussi grand que celui du Département du Nord, lequel compte pourtant 123 fois plus d'habitants.
Quels acteurs pour la coopération ?
La convention lie uniquement les deux collectivités mais d’autres acteurs incontournables ont participé à la mise en place et participent à la mise en œuvre de la coopération.
¦ Grâce à leur double appartenance et donc à leur connaissance des deux territoires, les migrants sont porteurs de projet de développement mené dans leur région d’origine auprès de la collectivité française. Les migrants de Sadiola se sont regroupés dans l’Association des Ressortissants de la Commune de Sadiola en France (ARCSF), véritablement motrice dans la mise en place de la coopération.
¦ Depuis le début du partenariat, le Groupe de Recherches et de Réalisations sur le Développement Rural (GRDR) nous accompagne et nous fait profiter de leur expérience. Cette ONG accompagne, depuis 1969, les dynamiques de développement induites par la migration.
En savoir + sur le GRDR
¦ Les partenaires financiers dont le Conseil Régional NPdC également source de conseils, présent dès le début du partenariat.
¦ Vous, acteurs locaux provenant des milieux associatif, culturel, éducatif ou économique. Pour savoir comment intégrer la coopération, n’hésitez pas à contacter Héloïse Leclerc, référente du Cœur d’Ostrevent sur la coopération (hleclerc@cc-coeurdostrevent.fr).
Pour en savoir + sur la géographie de la Commune Rurale de Sadiola et sur les impacts de la mine d’or, téléchargez la fiche d’identité de la coopération :
Aujourd'hui, comment se construit la coopération ?
En mai 2010, une délégation composée d'élu et technicien du Cœur d'Ostrevent s'est déplacé dans la Commune Rurale Sadiola pour y présenter le volontaire du progrès de la coopération. Ce volontaire, un jeune français missionné par le Cœur d’Ostrevent pour une durée de 24 mois à Sadiola, a été recruté en partenariat avec l’association France Volontaire, opératrice du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes (MAEE). Il a pour rôle d’animer la coopération c’est-à-dire donner une dimension Nord-Sud aux projets locaux émergeants sur les deux territoires, projets liés à l’éducation, à la santé, à l’agriculture, à l’assainissement, par exemple. Il aussi pour mission de réfléchir à l’après-mine suite à l’arrêt programmé de l’activité minière aurifère dans le secteur de Sadiola : quelle reconversion économique, quelle réhabilitation environnementale, quelle mémoire de la mine ?
Lors de la mission de mai 2010, Paulin a été présenté aux différents partenaires techniques et institutionnels de la Commune dans toute la Région de Kayes. Les frais liés à son recrutement et à la mission de présentation ont fait l’objet d’un co-financement du MAEE à hauteur de 45%.

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