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Un territoire à préserver

Cadre de Vie

Jardiner en harmonie avec la Nature

Cultiver son jardin dans le respect de la nature est à la portée de tous.Voici quelques grands principes faciles à adopter.

Bien connaître son jardin

Le premier principe est de bien connaître son sol et les microclimats de son jardin. On distingue quatre sortes de sol : les argileux, les sableux, les calcaires et les humifères (acides). Pas de panique ! Il existe des astuces simples pour déterminer la nature de votre sol et vous aider à mieux le comprendre (voir plus bas). Une fois que vous le connaîtrez mieux, vous pourrez sélectionner les plantes à semer et les végétaux à planter. Ne désespérez pas si votre terre ne vous donne pas entièrement satisfaction, vous allez pouvoir en améliorer la structure et la richesse, en particulier par des apports réguliers de compost. Et si une plante ne se plaît pas dans votre jardin, ne luttez pas contre le sol et le climat. Laissez faire la nature ! Préférez les plantes régionales adaptées aux conditions locales qui ne nécessiteront ni arrosage, ni engrais, ni amendements.

Voici quelques tests pour connaître la nature de son sol :

1.Observation de la terre :

Dans un premier temps, il convient de réaliser une tranchée d’une cinquantaine de centimètres qui vous permettra d’observer la répartition de l’humidité et la coloration.

Si le sol est humide sur les 50 cm, c’est qu’il présente une bonne capillarité. S’il est sec en haut et humide en bas, c’est qu’il est fortement drainant. A l’inverse, l’eau y circule mal.

En fonction de la couleur de la terre (à 30 cm de profondeur), on peut en apprendre sur la fertilité de son sol et sur les solutions à apporter :

  • une teinte rouge témoigne de la présence d’oxydes de fer. Des apports en terre végétale seront nécessaires.
  • une teinte orange témoigne de la présence de ferrugineux. Prévoir des apports d’argiles et de matières organiques.
  • une teinte noire est révélatrice de trop de matière organique (l’apport supplémentaire d’engrais ou de compost s’avérera inutile).
  • une teinte grise avec des zones gris clair ou orangées témoigne d’une saturation en eau. Prévoir un drainage.
  • une teinte marron : tout va bien.

Un sol trop tassé et donc pas assez aéré présente des mottes à bords anguleux. Il va falloir travailler le sol pour lui redonner du volume.

2. Manipulation de la terre :

Pour connaître la texture ou plus exactement la granulométrie* de votre sol (c’est-à-dire les proportions d’argiles, de limons et de sables), il ne va pas falloir avoir peur de se « salir » les mains. Voici quelques petits tests faciles à réaliser sur de la terre humidifiée.

Après la pluie : passer le doigt sur la terre humide. Le toucher est rugueux ? Votre sol est majoritairement sableux. A l’inverse, il est «gluant», il est principalement constitué d’argile.

Pressez une poignée de terre fortement dans la paume de la main : si la terre se craquelle, c’est qu’elle est très sableuse. Si au contraire, elle conserve sa forme, c’est que la terre est très argileuse. Entre les deux, elle présente plus ou moins de limons.

Après la manipulation : si vos mains sont « tachées » entre les sillons, c’est que la terre contient des limons. A l’inverse, la terre est peu limoneuse.

Après le diagnostic : la texture du sol est équilibrée lorsque ces minéraux sont présents en quantités proportionnelles. Si un de ces trois composés prédomine, l'équilibre du sol est brisé et des problèmes de compactage, de drainage et autres risquent de s'ensuivre.

* Petit rappel :
• sables : de 2 mm à 50 µm
• limons : de 50 µm à 2 µm
• argiles : < 2 µm

3. A vos tubes à essai :

Une terre trop calcaire ? Vous pourrez le savoir en diluant un échantillon de terre dans un petit verre de vinaigre très chaud. Si de la mousse se forme, c’est que la terre est très calcaire. Il faudra faire des apports de matières fertilisantes.

Pas assez de matière organique ? Pour le savoir, versez un peu d’eau oxygénée sur un peu de terre. Si des bulles se forment, il faudra prévoir un apport en compost.

Renoncer aux produits phytosanitaires

Parmi les produits phytosanitaires (appelés couramment "pesticides"), il faut distinguer les insecticides, les fongicides, les herbicides conçus pour lutter contre les insectes ravageurs, les champignons, les "mauvaises" herbes. Les produits fertilisants, quant à eux, sont destinés à nourrir les végétaux (engrais) et augmenter la qualité des sols (amendements).
Leur impact est loin d’être négligeable : ils polluent l’eau et le sol. En intégrant le cycle de l’eau, on les retrouve dans les rivières et les nappes phréatiques, et en intégrant la chaîne alimentaire, c’est dans notre assiette qu’on on les retrouve.

L’utilisation intempestive des produits phytosanitaires augmente l’apparition d’espèces résistantes qui, de plus, intègrent ces produits et les propagent.
Ainsi, renoncer au phytosanitaires, en adoptant des alternatives, c’est certes moins efficace mais plus respectueux de l’environnement et de nous-même.

1. Quelles techniques de désherbage ?

  • La prévention par le paillage naturel, le mulching, les plantations couvre sol, le sable de rivière (sur 10 cm d’épaisseur) voire les déchets de tonte préalablement séchés (sur 5 cm) : ces techniques permettent de contrôler la végétation spontanée par l’étouffement.
  • Le binage : c'est encore la meilleure méthode pour venir à bout des indésirables. Il suffit de ne pas se laisser prendre de court et de biner régulièrement. Travailler de préférence par temps chaud : les jeunes poussent dépérissent par déshydratation.
  • Utilisez l'eau de cuisson de légumes ou féculents encore chaude et versez-la sur les mauvaises herbes. A renouveler régulièrement pour en arriver à bout petit à petit.
  • Le plan de désherbage raisonné : s’il y a une réelle nécessité à traiter chimiquement (s’interroger sur les enjeux de l’intervention) et si le terrain n’est pas sur une zone sensible pour la préservation de la ressource en eau, il faudra bien choisir ses produits pour leur comportement par rapport au sol, leurs effets toxiques, leur spectre d’efficacité et alterner les produits pour éviter les souches résistantes.
    Attention au dosage et aux périodes de végétation. Et attention à bien se protéger la peau, les yeux et les voies respiratoires en manipulant ces produits très toxiques.
  • Et pourquoi ne pas opter pour les pas japonais, faciles à mettre en place, pratiques à entretenir et esthétiques ?

Mauvaises, vous avez dit mauvaises ?

On les appelle les mauvaises herbes. Sans doute parce qu’elles concurrencent nos plantes ou ne répondent pas à nos critères esthétiques.
Cette réputation qui leur colle à la tige n’est pourtant pas toujours justifiée : plantes couvre-sol, plantes améliorant le sol, plantes attirant la faune auxiliaire du jardinier, purins ou extraits de plantes insecticides ou fongicides, plantes comestibles, médicinales ou décoratives, nos «mauvaises» herbes peuvent être tout cela à la fois.

2.Les alternatives aux produits fertilisants (engrais et amendements)

Cliquez sur la photo pour en savoir + sur le compostage

  • Fabriquez du compost à partir des déchets verts et de cuisine (tontes d’herbe, fleurs fanées, branches broyées, feuilles mortes, épluchures de fruits et légumes ...). Il s’agit d’un engrais naturel de très bonne qualité qu’il faut épandre en fines couches (1 à 5 L/m²) et incorporer superficiellement au sol par binage (sur 5 à 15 cm).
  • Utilisez des engrais verts. Il s’agit de cultiver des plantes à croissance rapide lesquelles constitueront une forte quantité de matière organique, de les détruire et de les enfouir sur place pour améliorer l’aptitude culture du sol (propriété physique, chimique et biologique). Outre l’enrichissement du sol, cette technique culturale permet de lutter contre les mauvaises herbes et de limiter le drainage. Il en existe des «universels» adaptés à tous les types de sols tels que la phacélie (semis : au printemps ou en juillet/août) et la moutarde blanche (semis : de mai à août/septembre).
  • Préparez du purin de compost pour vos jardinières en faisant macérer du compost mûr dans de l’eau durant 3 à 5 jours. Ou privilégiez les engrais à libération rapide. Il en existe des naturels sous forme liquide qui apporteront rapidement à vos plantes annuelles les nutriments nécessaires.

La recette du purin d’ortie :

Laissez macérer à 18°C, 10 kg d’orties hachées grossièrement pour 10 litres d’eau, de 12 à 24 heures pour obtenir un effet insecticide et fongicide (prévient le mildiou, l’oïdium et repousse les acariens et les pucerons) ou de 10 à 15 jours pour servir d’engrais et de stimulateur de croissance. Dilution : 5% pour les traitements foliaires et 10-20% pour l’arrosage au pied des plantes. Attention, même si ce purin est naturel, il peut perturber l’équilibre de votre jardin et doit être manipulé avec précaution.

3. Les alternatives aux insecticides

Posez-vous les bonnes questions : est-ce que le confort de ne plus avoir d’insectes vaut l’extermination des autres, la rupture de l’équilibre du jardin, la pollution de l’eau et des produits du jardin ? Inutile de sortir l’artillerie lourde pour quelques pucerons. Au contraire, vous supprimerez au passage les coccinelles, à savoir vos alliées, qui ne seraient plus là pour réguler les populations de pucerons en cas de nouvelle invasion.

Revenez aux recettes de grand-mères : purin d’ortie ou de fougère contre les pucerons, marc de café et cendre contre les limaces, larves de coccinelles contre les pucerons, fleur de soufre contre les  fourmis. Attention,même si ces méthodes sont naturelles, elles peuvent perturber l’équilibre de votre jardin.

Installez vos plantes au bon endroit : une plante est plus sensibles aux parasites et aux maladies lorsqu’elle n’est pas implantée dans un sol qui lui convient.

Fabriquez un piège écologique pour les chenilles dans les pommes et les poires. Il est possible d'installer une bande-piège faite maison avec du carton ondulé d'une vingtaine de centimètres de large enroulée autour d’un tronc de pommier ou poirier (à 2 cm du sol), maintenue par un petit cordage.
Les larves de carpocapses (le fameux "ver" du fruit qui est en réalité une chenille) vont s’y abriter pour se métamorphoser. Il faut installer la bande dès le mois de juin et la retirer en septembre pour ensuite les détruire, en les brûlant par exemple. Pas très esthétique mais très efficace d’année en année.

En cas de doute sur une maladie ou sur une invasion par un insecte ou une larve, le diagnostic par un professionnel peut devenir indispensable.

Attention : si vous renoncez aux produits phytosanitaires, ne gardez pas les produits inutilisés mais ne le jetez surtout pas à la poubelle. Allez les déposer en déchetterie.

4. Recyclez vos déchets d'emballage de produits phytosanitaires !

Depuis 2008, à la suite du Grenelle de l’environnement, le plan Ecophyto 2018 vise à réduire et améliorer l’utilisation des produits phytosanitaires, autrement dit les pesticides.
Ce plan est piloté par le Ministère en charge de l’Agriculture et avec l’appui du groupe de travail Ecophyto sur les Zones Non Agricoles (DRAAF Nord Pas-de-Calais, Conseil Régional Nord Pas-de-Calais, Agence de l’Eau Artois-Picardie, DREAL, Chambre régionale d’agriculture, structures de formation, collectivités de la région, associations, FREDON…).
De nombreux acteurs, agriculteurs, chercheurs, chambres d’agricultures, collectivités… sont déjà mobilisés pour tenter d’atteindre ces objectifs.
Dans ce cadre, un programme de sensibilisation et d’information à destination des particuliers est mis en place sur les evpp et les ppnu .
Les Emballages Vides de Produits Phytosanitaires ( evpp ) ainsi que les Produits Phytosanitaires Non Utilisables ( ppnu ) sont considérés comme des déchets chimiques dangereux et par conséquent doivent être récupérés et éliminés de manière appropriée.
Découvrez ci-dessous les panneaux informatifs sur les bonnes pratiques vis-à-vis de ces déchets et sur les solutions alternatives au désherbage chimique :

Arroser à bon escient

Maîtriser l’arrosage permet d’avoir des plantes en bonne santé et par conséquent moins sensibles aux attaques des maladies et ravageurs. Par ailleurs, dans le contexte actuel de diminution et de pollution de la ressource, il est indispensable d’économiser et de protéger cette denrée.

Comment économiser l’eau ?

  • Mieux vaut arroser moins souvent mais en plus grande quantité pour favoriser l'enracinement profond des plantes et éviter une trop grande déperdition par évaporation lors d’un grand ensoleillement.
  • Semez et plantez à l’automne pour une meilleure reprise et pour avoir besoin de moins arroser.
  • Arrosez votre pelouse et vos plantations en fin de journée, pour éviter le gâchis lié à l’évaporation mais aussi parce que cela risque de brûler la végétation. A l’exception de certaines plantes sensibles, comme les tomates, qu’il ne faut pas arroser le soir car cela favorise l’apparition de certains champignons au pied.
  • En été, tondre moins ras (minimum 6 cm) minimise le dessèchement donc l’arrosage.
  • Récupérez l’eau de pluie : en plus d’être gratuite, elle est n’est pas chlorée et est à température ambiante.
  • Évitez l'arrosage au jet, gros consommateur d'eau. Préférez-lui un arrosoir muni d'une pomme.
  • Pratiquez le paillage ou le mulching qui maintient l’humidité au sol.
  • Préférez des jardinières en terre. Elles conservent fraîcheur et humidité plus longtemps.

Et n'oubliez pas qu’un arrosage excessif est la cause la plus courante de maladies.

Quelles plantes pour mon jardin ?

Préférez des plantes peu gourmandes en eau telles que l’achillée qui attire les papillons, le millepertuis, plante persistante qui ne nécessite aucun entretien, à planter d’avril à mai, la campanule, plante couvre-sol dont les petites clochettes bleues s’épanouissent du début du printemps à l’automne, la fétuque, herbe décorative,la valériane qui se ressème toute seule, fleurit tout l’été et ne demande pas d’entretien, à planter au printemps. Ou encore, à planter en automne, les bruyères dont la bruyère blanche qui fleurit de l’hiver au printemps, la potentille qui forme un tapis jaune de fleurs, le sédum appelé aussi "orpin des jardins"lequel donnera une touche de rose à vos massifs au moment de l’année où les couleurs du jardin commenceront à faner. Le chèvrefeuille,très parfumé, la rose trémière, adaptée à tous types de sol, et le thym commun dont l’odeur rappelle le sud seront à planter au printemps ou à l’automne. Pensez aussi à planter en hiver de la vigne vierge. Elle n’abîme pas les murs et offre gîte et couvert aux petits oiseaux. Elle peut atteindre 20 mètres.

Toutes ces plantes sont des plantes régionales qui se plairont sous notreclimat.

Réinvitons la nature dans notre jardin

Dans nos jardins, la faune dite auxiliaire tient un rôle essentiel. On distingue les prédateurs (larves de syrphes, coccinelles, oiseaux,punaises, chrysope ou perce-oreilles) qui se nourrissent des organismes nuisibles et régulent les attaques parasitaires, les pollinisateurs (syrphes adultes, abeilles, bourdons…) qui assurent la fécondation des plantes en transportant le pollen et les détritivores (cloportes, vers de terre…) qui décomposent la matière organique (feuilles mortes, bois morts …) en éléments assimilables par les plantes. Ainsi, les oiseaux se délectent d’insectes, le hérissons et la musaraigne (à ne pas confondre avec la souris !), de limaces et d’escargots, la coccinelle (et surtout sa larve, une vraie gloutonne), de pucerons et de cochenilles. Tous ces auxiliaires sont donc les alliés du jardinier.

A placer dans des endroits ni trop chauds, ni trop froids, ni trop ventés. Ils doivent être inaccessibles aux chats et autres prédateurs. Prévoir des petits perchoirs à proximité.
Attention à ne pas s’approcher d’une couvée ou d’un nid car cela peut remettre en cause la survie des petits. Une femelle qui couve ses petits peut être effrayée et poussée à abandonner sa progéniture.

Et aussi limitez, voire supprimez, l’emploi des phytosanitaires (les papillons sont les premiers touchés par les pesticides), consacrez une partie du jardin à une prairie fleurie (et choisir un mélange de graines d’espèces locales), fauchez tardivement, plantez une haie champêtre, bannissez les thuyas… mais surtout acceptez la nature avec ses bêtes qui piquent et ses plantes qui grattent.

Halte aux thuyas

La haie de thuyas constitue le contre-exemple du jardin écologique. D’abord, il ne fournit le gîte qu’à une faune réduite. Ensuite, il acidifie et épuise le sol sans fournir en contre partiede matière organique (les écailles ne se décomposent pas). A bannir de nos jardins par une coupe à ras et à remplacer par exemple par des charmes ou des houx.

Je n’ai pas de jardin ? Jardiner « durable » en intérieur, c’est possible

  1. En été, sortez vos plantes d’intérieurs pour les « renforcer ». En effet, ces dernières, bien au chaud dans votre intérieur, ne sont plus protégées par une couche cireuse qui les préserve de bien des maladies. Les aérer leur permettra de gagner en épaisseur.
  2. Pour fertiliser vos plantes, rien de mieux que le purin de compost (qui contrairement aux idées reçues ne pose pas de problème d’odeur) pour les arroser. Laissez macérer du compost dans de l’eau durant 3 à 5 jours. Bien plus écologique et surtout bien plus efficace qu’un engrais chimique qui ne couvrirait pas de toutes façons les besoins de toutes vos plantes.
  3. Pour lustrer vos plantes, une éponge mouillée (éventuellement additionnée de bière) suffit largement.
  4. Pour maintenir l’humidité, préférez les jardinières en terre. Vous pouvez aussi pratiquez le paillage. inesthétique ? Pourquoi ne pas garnir de mousse ou planter du lierre. Cela présentera aussi l’avantage de développer une vie au pied de vos plantes.

Vous connaissez quelques astuces écologiques, n’hésitez pas à les soumettre à Sylvain via squaghebeur@cc-coeurdostrevent.fr

 
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